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Le rôle des associations de défense des droits humains dans des contextes en crise – Le cas d’Alternative Espaces Citoyens

Alternative Espaces Citoyens (AEC) est une association nigérienne de défense des droits humains, des droits des personnes migrantes et de promotion des valeurs démocratiques, agissant par le biais de l’éducation à la citoyenneté, le dialogue politique et l’analyse des politiques publiques.

SOS Faim est partenaire d’AEC depuis 2016 et soutient principalement l’Observatoire pour le droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire au Niger. Cet Observatoire vise particulièrement à assurer une veille informative sur l’évolution de la situation alimentaire et la qualité de la réponse du dispositif national d’aide d’urgence, à travers un travail d’enquête de ses relais régionaux. Ces enquêtes sont traduites en rapports et émissions radiophoniques relayées à travers toutes les régions du Niger. En 2025, ces rapports concernaient : La situation agropastorale et nutritionnelle au regard de programme de la Grande Irrigation promue par les autorités en place (CNSP), et l’accessibilité de l’alimentation en période post-récolte et la sécurité sanitaire des aliments.

Dans sa mission d’information citoyenne et d’animation de débat démocratique, AEC anime des séminaires à thème, dans les sept régions du pays et dans la capitale, ainsi qu’un séminaire annuel réunissant des leaders de la société civile et d’organisations paysannes. L’édition de 2025 portait sur « La promotion et la défense du droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire dans un contexte de crises ». Cette édition résonnait particulièrement avec le contexte national et régional, et les multiples difficultés rencontrées par l’association dans la mise en œuvre de ses activités au cours de l’année écoulée.

Alternative Espaces Citoyens – L’un des derniers espace d’expression et d’information citoyen

Le pouvoir militaire en place depuis 2023 a déployé au cours de l’année un arsenal de mesures visant à contrôler l’espace civique au Niger impactant fortement les activités de l’organisation : la difficulté d’accès à des informations fiables et le recoupement des sources officielles et de terrain ; l’interdiction de rassemblements et manifestations (un séminaire régional n’a pas pu se tenir en 2025) ; la raréfaction des sources de financement extérieures ; le contrôle des productions écrites et une pression exercée sur les journalistes et pigistes ; l’accès restreint aux arènes politiques limitant de fait la capacité de plaidoyer ; l’arrestation du secrétaire général de l’association depuis le 3 décembre 2024 – toujours emprisonné au moment de cette publication – sont autant d’éléments qui ont entravé et continuent d’entraver le travail de l’association.

Dans cet environnement contraint, bridant les voix dissonantes et l’espace civique, de très nombreuses organisations ont cessé leurs activités à vocation sociale. AEC est parvenue à conserver une voix militante en faveur des droits humains et des délaissés, en faveur d’un dialogue démocratique. Alternative Espaces Citoyens demeure dans ce contexte un des derniers espaces d’expression et d’information indépendant au Niger, notamment en faveur d’un droit à l’alimentation et à la souveraineté alimentaire.